Une base de données pour sauver les communautés animales ?
Depuis 2024 la Faculté de Gembloux a entrepris un important travail de centralisation de toutes les données récoltées dans le cadre des mémoires de fin d’étude, de stages et de thèse menés depuis une dizaine d’année au sein de l’axe Gestion des Ressources Forestières. Ces données constituées essentiellement d’images de pièges photographiques, mais également d’enregistrements bioacoustiques, s’accumulaient en effet de manière dispersée. Un effort considérable de standardisation et d’encodage de ces données a donc été consenti. Impulsée par le Dr Simon Lhoest et le Pr Cédric Vermeulen, et mise en œuvre par Ir Hugues Dethier, la base de données « CameraTrappist » est maintenant à jour. Elle compte aujourd’hui 89 campagnes d’inventaires réparties dans 8 pays (dont 6 pays d’Afrique). Plus d’un million de médias y sont enregistrés (dont 55% contient des identifications jusqu’à l’espèce), pour 133 957 cameras.jours et près de 205 espèces identifiées. Elle contient par ailleurs, des données très précieuses portant sur des espèces phares menacées (Eléphants, gorilles, chimpanzés, panthères, pangolins géants…).
Nature+ a contribué activement à la récolte de ces données, non seulement en accueillant stages et mémoires, mais également par la collecte de données par ses infatigables assistants techniques sur le terrain. Cette collecte de données est pour le moment encore très active, notamment dans le cadre des projets UE Naturafrica (Tridom et Natura Sud-Est), où 7 grilles de pièges photographiques sont prévues au Cameroun au sud de la Réserve de Faune du Dja et autour du parc national de Lobéké.
A peine disponible, la base de données a déjà été sollicitée par des chercheurs, et par l’UICN (Union Internationale de la Conservation de la Nature). Les spécialistes y trouvent une mine d’informations originales pour compléter la distribution actuelle des espèces, documenter leur éventuelle disparition locale ou encore illustrer des guides d’identification. Des accords ont d’ores et déjà été signés avec des chercheurs pour le Bongo, avec le groupe des spécialistes des pangolins et avec la base de données des grands singes (APES database). Enfin, cette base de données a déjà permis la publication de deux notes sur la détection d’oiseaux en dehors de leurs aires de répartition.
En rendant disponible cette base de données, Nature+ et la Faculté de Gembloux dépassent donc leur fonction d’ONG et d’académiques. Ils contribuent directement à l’actualisation de l’état de conservation des espèces, base des décisions des bailleurs et des décisions politiques en faveur de la conservation des espèces.

Crédit photo : Elise Vanderbeck